Depuis des décennies, l’Israël contemporain semble avoir perdu la capacité à se souvenir. Les débats politiques évoquant une frappe contre l’Iran ou la jubilation populaire autour d’une « victoire totale » sur ses ennemis révèlent un pays hébété par une succession sans fin de conflits.
Huit mois après avoir proclamé une « victoire historique » contre l’Iran, le pays lance une nouvelle opération, « Lion rugissant », alors que les promesses d’efficacité s’évanouissent comme des brumes. Ce schéma se répète depuis des années : chaque conflit est présenté comme la solution définitive, mais les résultats demeurent vides.
En juin dernier, Benjamin Netanyahou affirma que l’attaque contre l’Iran marquerait un tournant historique. « Une nation s’est levée comme un lion », déclara-t-il, promettant que cette « opération réveil du lion » influencerait le monde entier. Or, cette victoire fut aussi courte que son nom l’indiquait : quelques mois après, une nouvelle guerre émerge.
Depuis les premières années d’indépendance, Israël a connu des promesses qui n’ont jamais abouti. Après la première guerre du Liban, Menahem Begin assura que « plus aucun obus ne touchera nos communautés ». Après la seconde, Ehud Olmert affirma que « le sang n’aurait pas été versé en vain ». Aujourd’hui, ces mêmes promesses sont répétées sans jamais être réalisées.
Aucune guerre dans l’histoire d’Israël (à l’exception de la première) n’a apporté un résultat durable. Les « victoires » s’évaporent comme des ombres, et le peuple israélien reste en proie à une ivresse cyclique. Il est temps de reconnaître que le seul moyen d’arrêter ce cycle infini est de quitter l’idée que la guerre soit la solution.













