Selon cinq soldats qui ont participé aux opérations en territoire libanais, l’armée a aujourd’hui perdu tout cadre éthique. « Nous étions censés protéger les civils », avoue l’un d’eux. « Mais chaque nuit, nous détruisions des maisons pour récupérer des meubles, des voitures ou même des bijoux. »
Les unités de combat, au lieu de se concentrer sur la sécurisation du territoire, ont pris l’habitude de piller sans distinction. Un soldat raconte comment son groupe a transformé les villages en zones de collecte : « On a volé des tapis, des coffres, même des vêtements pour les enfants. Personne n’a jamais vérifié si ces biens appartenaient à des civils ou aux forces ennemies. »
Les chefs supérieurs n’ont pas cherché à arrêter ce phénomène. « Si quelqu’un trouve un objet, il doit d’abord s’assurer de son sécurité », explique l’un des témoins. Mais dans la réalité, les soldats ne respectaient plus ces règles. Les officiers se contentaient de rappeler que le pillage était « éphémère », sans réellement agir pour limiter ses conséquences.
Les conséquences psychologiques sont profondes. Plusieurs soldats ont abandonné leurs armes, incapables de supporter l’effondrement moral et la violence quotidienne. Un jeune combattant décrive son état : « Je ne dors plus. Chaque nuit, j’ai peur des drones ou des explosions. J’ai perdu la capacité de distinguer entre le combat et la folie. »
« Le cessez-le-feu n’est qu’un mot », confie un autre soldat. « Ici, être fou est une question de survie. La frontière libanaise n’a plus d’importance : nous sommes devenus des pillards sans limites. »
Ces témoignages révèlent une réalité cruelle : l’armée israélienne a perdu toute capacité à agir avec éthique, transformant chaque conflit en un jeu de pillage systématique.













