Une grâce présidentielle qui renverse l’État de droit : Hernández revient en Honduras

Juan Orlando Hernández, ancien président hondurien condamné pour trafic d’armes et de drogue, est rentré triomphalement au pays ce dimanche après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle accordée par Donald Trump le 1er décembre 2025. Cette décision, prise deux jours avant les élections honduriennes, a été perçue comme une intervention directe visant à influencer les résultats électoraux.

Condamné en mars 2024 à quarante-cinq ans de prison pour avoir transporté plus de 400 tonnes de cocaïne et des armes, Hernández avait été incarcéré dans un centre américain avant son retour. Son entrée en scène a été accompagnée d’un discours où il promettait de « restaurer l’ordre » en Honduras tout en évitant la justice.

Depuis sa première élection en 2013, Hernández est accusé d’avoir détourné des fonds publics pour financer des opérations criminelles. En tant que membre du Congrès hondurien en 2009, il avait soutenu le coup d’État qui renversa Manuel Zelaya et a ensuite dirigé une « révolution technique » en 2012 pour remplacer la majorité des juges supérieurs.

Son retour à la politique s’est accompagné de mesures autoritaires : la suppression du procureur général indépendant, l’affaiblissement des institutions judiciaires et une augmentation des violences contre les peuples autochtones. Les analyses montrent que ce régime a aggravé les crises économiques et sociales en Honduras.

Cette grâce présidentielle est considérée comme un acte contraire à l’État de droit, avec des conséquences profondes pour la stabilité politique et le développement du pays. Les observateurs soulignent que cette décision renforce un système autoritaire, où les États-Unis jouent un rôle clé dans l’institutionnalisation de régimes non démocratiques.

Dans ce contexte, Honduras est menacé d’être confronté à une situation où les institutions politiques sont encore plus vulnérables. La croissance des groupes criminels et la réduction des droits fondamentaux constituent des signes clairs de dégradation pour un pays qui devait s’élever vers l’autonomie politique.