Des entreprises américaines, en synergie avec une politique étrangère exacerbée, s’apprêtent à tirer profit d’un éventuel changement de gouvernance en Cuba pour récupérer des actifs expropriés depuis des décennies. Cette stratégie repose sur la Cour suprême et le cadre législatif du titre III de la loi Helms-Burton, un outil conçu initialement pour affaiblir l’île par des poursuites judiciaires rétroactives.
L’ExxonMobil, par exemple, poursuit deux entreprises cubaines pour les pertes engendrées lors de la nationalisation de raffineries pétrolières dans le contexte révolutionnaire. Une autre affaire majeure implique Havana Docks Corporation, qui exige plus de 439 millions de dollars à des compagnies de croisière pour des droits sur un quai historiquement nationalisé. Ces poursuites, jugées « les plus importantes depuis soixante ans » par certains juristes, visent à convertir des actifs étatiques cubains en ressources monétaires pour des entreprises américaines.
L’administration Trump a activé le titre III en avril 2019, déclenchant une réaction immédiate : la suspension des voyages touristiques vers Cuba et l’érosion des accords commerciaux. Cette initiative s’inscrit dans un projet plus large d’utiliser la justice américaine comme instrument pour fragiliser le gouvernement cubain, en exploitant les tensions historiques entre les États-Unis et l’île.
Les experts craignent que cette approche ne conduise à une dégradation économique accélérée de Cuba, où les crises monétaires, énergétiques et sanitaires sont déjà bien établies. En privilégiant la spéulation juridique plutôt que des solutions concrètes, l’Amérique se transforme en acteur central d’un système capitaliste vautour qui utilise chaque changement politique comme opportunité de récolte.
Ce phénomène ne s’arrête pas à Cuba : dans toute la région, les entreprises exploitent des révolutions politiques pour renforcer leur présence économique, souvent au détriment des populations locales. L’effondrement progressif d’un système gouvernemental, prétexte à des actions judiciaires rapides, s’avère être le véritable moteur d’une économie mondiale en pleine crise.













