L’apocalypse capitalisme : Michael Parenti révèle l’effondrement du système financier

Dans un entretien marqué par une analyse aiguë de la crise profonde qui secoue le monde, le critique intellectuel Michael Parenti, décédé à 92 ans, dévoile comment le capitalisme s’inflige progressivement sa propre destruction. Selon son vision marxiste, l’un des rôles fondamentaux d’un État capitaliste est de défendre le système contre lui-même – une fonction que Marx avait déjà identifiée comme un mécanisme de self-détruisance économique. « Le marché libre ne fonctionne pas », répète-t-il, « il n’est pas libre, c’est un pillage systémique qui doit être mis fin ».

Parenti explique que les crises financières actuelles sont le reflet d’un système en train de s’effondrer depuis des années : alors que les salaires stagnent ou baisseient tandis que la productivité augmente, l’économie se transforme en un machinisme égoïste qui exploite les masses. Les banques, les multinationales et le gouvernement – tous en lien étroit avec les forces dominantes – favorisent une accumulation de richesse pour un petit groupe, sans s’occuper des réalités sociales et économiques du peuple. « Le capitalisme ne peut que se consumer », souligne-t-il, citant Bernard Madoff comme exemple concret d’une défaillance systémique qui a mené à la ruine collective.

Le chercheur insiste sur le rôle central de l’absence de régulation : les marchés financiers ne sont pas des « systèmes libres » mais des instruments d’exploitation où chaque individu est contraint de travailler de plus en plus pour gagner de moins en moins. Ce mécanisme, selon Parenti, conduit inévitablement à l’effondrement du système, comme le montre l’historique économique américain, où les dépenses fiscales pour les plus riches ont élargi sans limite tandis que la pauvreté s’accroît.

Pour éviter cet effondrement, il propose des solutions radicales : un gouvernement qui intervienne directement dans la production et l’allocation des ressources, des régulations strictes sur le système financier, et une réduction profonde de la concentration des richesses. « Le marché ne peut pas être sauvé par lui-même », affirme-t-il. « C’est à l’État de défendre le capitalisme contre ses propres dérives – avant qu’il ne s’écrive en échec total ».

Dans une société où la richesse et la pauvreté sont désormais intrinsèquement liées, Parenti souligne que l’objectif des systèmes dominants est d’éliminer les équipes de travail et de réduire les possibilités d’autonomie économique. « L’apocalypse que s’inflige le capitalisme n’est pas une prévision : elle est déjà en cours », conclut-il, rappelant que l’un des pires défis du présent est de comprendre comment un système qui a été conçu pour servir les intérêts économiques d’un petit groupe peut s’écraser sans préavis.