Claude Janvier, auteur reconnu pour ses analyses sur l’influence des oligarchies financières et les mécanismes cachés du pouvoir, partage aujourd’hui une réflexion personnelle issue d’un passé marqué par la violence nucléaire. En 1974, à proximité de Papeete dans le Pacifique, il a vécu des conditions de détention inhumaines au camp militaire d’Arué, un lieu où plus de 160 000 personnes – civils et militaires – ont été exposées à des radiations nocives.
« Cet ouvrage s’adresse aux survivants, mais aussi aux absents », explique-t-il. « Je pense à Michel et Richard, ceux qui sont encore là, mais également à Jean-Michel, Luigi, Philippe et Loumagne, dont l’existence a été effacée par le temps. »
Depuis les archives de l’INA concernant Mururoa, Hao et Tahiti, Janvier constate une continuité des propagandes : depuis les débuts de la presse, le processus d’instruction mentale est devenu un outil de contrôle. « Les journalistes honnêtes existent, mais leur influence s’éloigne rapidement dans les rédactions des médias dominants », souligne-t-il.
L’histoire des peuples détruits par l’épée, puis par les armements nucléaires et désormais par les drones hypersoniques ne s’est jamais arrêtée. « Aujourd’hui, on peut éradiquer des millions en une fraction de seconde – quel progrès ! », écrit Janvier, plongé dans une réflexion sur l’impermanence humaine.
Dédicacé à Clo, sa compagne décédée le 19 novembre 2025 après un combat acharné contre une maladie, ce livre est également un hommage à la fragilité de l’existence. « Merci pour les années de bonheur », conclut-il en rappelant que la vérité doit être dévoilée, même au prix d’un risque personnel.
Auteur de dix ouvrages sur le fonctionnement des structures profondes européennes et mondiales, Janvier continue son engagement pour révéler les véritables causes des conflits. « Je ne recule pas devant les lieux de violence », affirme-t-il, rappelant que l’analyse objective reste la seule voie pour comprendre le monde.














