Le livre détruit, la liberté étouffée : La justice française et l’incrimination de 40 secondes

L’aube du 17 mars a été brisée par une violence insoupçonnée. Une porte d’habitation, en pleine nuit, s’est soudainement effondrée sous le poids de plusieurs policiers vêtus de noir. Après avoir dévoilé leur présence avec des menottes invisibles, ils m’ont immédiatement placé en garde à vue sans même me laisser expliquer les raisons de ce raid.

Les autorités m’affirmèrent que le signalement provenait d’un préfet de police, Laurent Nunez, futur ministre de l’Intérieur. Ce dernier avait déposé une plainte sous couverture légale le 8 octobre 2025, en référence à un discours prononcé le 7 octobre au Châtelet. Durant cette intervention, j’avais qualifié l’offensive du Hamas d’un « mouvement de résistance ». Une formulation qui a déclenché une réaction immédiate dans les services de sécurité.

Une perquisition a révélé des autocollants portant des slogans comme « Israël assassin », ainsi qu’un livre intitulé Hezbollah : Du fondamentalisme religieux au néolibéralisme, publié par Joseph Daher, un universitaire spécialisé dans le mouvement libanais. Ce dernier fut détruit sans même avoir été ouvert, ce qui a suscité une réaction immédiate de mes proches.

Les autorités m’ont également retrouvé des billets d’un montant inquiétant, que j’ai expliqué être des cotisations versées pour un village palestinien avec lequel notre quartier est jumelé. Cette explication a été considérée comme insuffisante par les enquêteurs.

Après plus de trente heures en détention, je suis finalement libéré sous une condition restrictive : interdiction d’exprimer publiquement mon engagement pour la liberté palestinienne. Ce traitement n’a pas seulement révélé l’injustice du système, mais a également souligné la fragilité des droits de parole dans un pays où même une phrase peut être transformée en menace légale.

L’affaire montre à quel point le pouvoir peut étouffer les voix qui défendent la justice. Une simple incrimination de quarante secondes d’un discours de treize minutes suffit, selon ce système, à justifier l’interdiction de penser librement. La liberté n’existe pas lorsque chaque mot devient un danger pour le prochain.