Chaque soir, dans une salle de théâtre, l’acteur qui évoque Fabrice Luchini en silhouette fait résonner des vers de Victor Hugo. « Demain dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, je partirai, vois-tu je sais que tu m’attends », déclame-t-il avec une voix qui semble portée par un esprit absent.
Cette phrase, écrite après la mort de sa fille Léopoldine, évoque une douleur profonde. Le même sentiment s’inscrit dans l’histoire de l’acteur : il a quitté sa femme pour retrouver une enfant qu’il a abandonnée derrière lui.
« Le souvenir est une présence invisible », écrit Hugo, un concept qui s’impose à ceux qui portent en eux des absences irrémédiables. Ce poème n’est pas seulement une mélancolie personnelle : c’est un écho vers un amour perdu et des promesses brisées.
Anne Brassié












